Kenojuak ASHEVAK (1927 - )

    Elle réside à Cape Dorset dont elle est indiscutablement la figure de proue.
    Comme beaucoup d'artistes, elle passe la plupart de son temps en dehors du village dans un mode de vie peu différent de celui de ses ancêtres. Dans son enfance, elle voyageait d'un camp à l'autre au sud de l'Ile de Baffin et au nord du Québec arctique.

    Elle était encore très jeune quand elle s'est mariée à JOHNNYBO et vécut avec lui dans différents camps. Dans les années 50 elle commença à sculpter ainsi que son mari, ils furent encouragés par les premiers efforts de James HOUSTON.
    Elle déménagea à Cape Dorset en 1966 afin que ses enfants puissent aller à l'école et continue à vivre et à travailler de façon très étroite avec son mari jusqu'à la mort de ce dernier.Kenojuak est l'un des artistes les plus célébrés parmi les Inuit. En 1961, elle se vit consacrer un film sur sa vie et son oeuvre. Elle reçut le prix de l'Ordre du Canada en 1967 et c'est elle qui a réalisé la tapisserie murale du Pavillon Canadien de l'exposition d'OSAKA en 1970. En 1970, la gravure "Le hibou enchanté" a été reproduite sur un timbre canadien commémorant le centenaire des Territoires du Nord Ouest.
    Sa notoriété l'amène à de nombreux contacts dans les vernissages et dans les représentations au sud et en 1974, elle devint membre de l'Académie Royale Canadienne. En 1976, une de ses oeuvres a été incluse dans le livre de prières Missel du dimanche de l'eglise catholique romaine canadienne. Une deuxième oeuvre a été reproduite sur un timbre canadien en 198O, à savoir la gravure de 1961 "Le retour du soleil". En 1980, elle était présente à ROTTERDAM pour l'ouverture de l'exposition sur la gravure inuit. En 1982, elle reçut l'Ordre du Canada.
    En 1992, elle reçut Honoris Causa par les Universités de Queen's et de TORONTO. En 1996, elle reçut le prestigieux prix "Lifetime Achievement" du National Aboriginal Achievement Award.
    Les oeuvres de Kenojuak ont été le point fort des gravures de Cape Dorset dans toutes les collections annuelles depuis 1959 (sauf 3 années où elle était impliquée dans des projets importants à l'extérieur). L'une de ses oeuvres a été sélectionnée pour être incluse dans un portefeuille sur le monde animal fait en 1978. La même année, un portefeuille sur les artistes du Commonwealth renfermait un de ses dessins. Récemment, elle a reçu commande d'une grande tapisserie murale par la Société Via Rail Canada.
    Ses oeuvres sont donc présentes dans la plupart des expositions importantes sur l'Art Inuit depuis 1960 avec l'exposition de la collection de la Toronto Dominion Bank en 1967 et bien-sûr les 2 expositions fondatrices : Les Chefs d'oeuvre de l'Arctique Canadien (1971-73), l'Estampe Inuit (1977-82). Elle était présente également dans l'exposition From Drawing to Print du Musée Glenbow à CALGARY en 1986. Ses oeuvres servirent de support aux explications et démonstrations de la traduction du dessin à l'estampe pour l'exposition fondamentale de la Fondation Mac Michael (1991) In Cape Dorset we do it this way. La ville de MONTREAL fit figurer ses oeuvres dans l'exposition "Nouveaux Territoires, 350/500 ans après" sur l'art aborigène contemporain du CANADA. Elle figurait également dans l'exposition Women of the North par la Galerie Marion Scott à VANCOUVER en 1992 ainsi que dans celle du Musée Canadien des Civilisations 1994 Isumavut; The Artistic Expression of Nine Cape Dorset Women.
    Ses oeuvres ont illustré l'exposition sur les Traditions en 1983 et l'exposition sur l'imagerie animale en 1985. Des expositions nominales lui sont consacrées depuis 1967 et une première rétrospective de son oeuvre a été réalisée en 1982 à EDMONTON. Elle est présente dans toutes les collections d'Art Inuit à travers le monde et l'on citera la collection de la Toronto Dominion Bank, du Musée des Civilisations d'OTTAWA, du Musée des Beaux Arts d'OTTAWA, du l'Art Galery of Ontario, de la famille KLAMER, du Musée des Beaux Arts du MONTREAL, de la Winnipeg Art Galery, du Département des Affaires Indiennes et du Nord, du Ministère des Affaires Extérieures du Canada, de la Guilde de MONTREAL, du Musée Victoria et Albert de LONDRES, du Royal Ontario Museum de TORONTO.
    Ses oeuvres illustrent bien-sûr les ouvrages de référence tels que celui de George SWINTON et un livre lui a été consacré par Jane BLODGETT en 1986.
    Son importance dans l'Art Inuit contemporain se manifeste par le choix de ses oeuvres pour illustrer le livre récent de Harold SEIDELMAN "The Inuit imagination" (Douglas + McIntyre, 1993 n° 74). Elle fut l'une des 9 femmes de Cape Dorset à faire partie de l'exposition du Musée Canadien des Civilisations en 1994 : "Femmes Artistes Inuit" (Odette LEROUX). Elle illustre notre livre "ART INUIT" (C. BAUD et al.), Editions Fragments 1997 (pages 112 et 113) et aussi celui de Ingo Hessel Ed. Douglas et Mc Intyre 1998 "INUIT ART, AN INDRODUCTION" n° 28.